Coronavirus: Un obstacle pour l’organisation de l’Euro-2020
AFP – Calendrier surchargé, contraintes logistiques et économiques pressantes, enjeux de billetterie: les instances du football vont se heurter à de nombreux casse-tête à l’heure d’évoquer le report éventuel de l’Euro-2020, objet de réunions de l’UEFA mardi face à la pandémie de coronavirus.
– Quelle marge de décision ? –
A moins de trois mois du coup d’envoi prévu du tournoi (12 juin-12 juillet), la confédération européenne est prise en étau entre les enjeux financiers et les contraintes sanitaires et sportives.
D’une part, il y a un impératif de santé publique, avec l’impossibilité d’organiser une compétition de football à l’heure où tout rassemblement de personnes est susceptible d’accentuer la propagation de la maladie. A fortiori s’agissant d’un tournoi au format inédit dans douze pays d’Europe, alors que réapparaissent progressivement des contrôles aux frontières.
D’autre part, maintenir la compétition provoquerait la grogne des Ligues européennes, pour lesquelles il est “essentiel” que les championnats domestiques, actuellement suspendus, “puissent être terminés cette saison”, selon l’association European Leagues. En outre, il faudra sans doute terminer aussi la Ligue des champions, principale manne financière de l’UEFA, et la Ligue Europa, toutes deux stoppées au stade des huitièmes de finale.
Toutes les hypothèses sont bien sur la table, à commencer par le report, mais aussi un éventuel changement de format, voire un changement de villes hôtes, selon une source proche de l’instance consultée en fin de semaine dernière par l’AFP.
“Le report de l’Euro d’une année me parait de loin la meilleure solution, voire même la seule”, affirme à l’AFP Jacques Lambert, patron du comité d’organisation de l’Euro-2016. “La situation est extrêmement évolutive et le restera, l’UEFA ne serait pas dans une meilleure situation dans trois semaines ou dans un mois pour trancher”.
– Quelles contraintes ? –
Première difficulté, les villes organisatrices et les stades hôtes. “Il y a un aspect contractuel important. Des contrats ont été signés avec les stades et l’UEFA devra vérifier s’ils sont toujours disponibles. La question est la même pour les camps de base des équipes, réservés deux à trois ans en amont”, liste M. Lambert, pour qui, toutefois, “rien n’est insurmontable au vu des enjeux globaux”.
Autre contrainte majeure, celle de la billetterie. L’UEFA se targuait il y a quelques semaines d’avoir reçu plus de 28 millions de demandes de tickets pour sa compétition prévue dans douze pays d’Europe, un record. Il lui faudra sûrement se préparer du coup à un record… d’annulations, et donc de remboursements.